Lettre ouverte au Premier ministre australien au sujet de la censure d'Internet - Page 2 PDF Imprimer Envoyer
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Vendredi, 18 Décembre 2009
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L'entreprise américaine Google a également émis de fortes réserves. Le directeur stratégies de sa filiale australienne, Iarla Flynn, a déclaré hier, 16 décembre 2009 que "le passage à un système de filtrage obligatoire, via les fournisseurs d'accès, et concernant un contenu bien plus important que le materiel visé, est abusif et soulève de véritables questions quant aux restrictions de l'accès à l'information". ("Moving to a mandatory ISP filtering regime with a scope that goes well beyond such material is heavy handed and can raise genuine questions about restrictions on access to information").

Les endroits les plus dangereux de la Toile en termes de pédophilie enfantine concernent des tchats ou de simples emails. Dans la logique des concepteurs de ce projet, il faudrait alors bloquer l'accès à Gmail, Yahoo !, Skype, etc, ce qui semble irréalisable.

Il existe des moyens plus efficaces pour lutter contre la pornographie infantile, tels que le traçage informatique des cybercriminels sur la Toile, (cookies, comparaison des IP utilisés…) conjugué à une enquête de police sur les suspects et leurs habitudes sur Internet. Pourquoi avoir mis un terme au programme lancé par le gouvernement précédent, qui fournissait des systèmes de filtrage gratuits pour les familles australiennes ? Ce procédé était adapté aux besoins de chaque foyer, laissant à chacun la possibilité de protéger ses enfants contre tout site pornographique.

Par ailleurs, alors qu'un vrai débat national s'imposait sur le sujet, votre ministre des Télécommunications, Stephen Conroy, a rendu toute discussion sur le sujet très difficile en qualifiant ses critiques de « partisans de la pornographie ». Une occasion manquée de susciter un débat d'idées constructif.

Nous regrettons également le manque de transparence dont votre gouvernement a fait preuve quant aux tests effectués ces derniers mois et dont la procédure est demeurée secrète. Votre gouvernement a dépensé près de 300 000 dollars australiens auprès des fournisseurs d'accès Internet pour les financer. Les contribuables australiens ont le droit d'être informés précisément du résultat de ces évaluations.

Enfin, vous savez que cette initiative est source d'inquiétudes pour vos compatriotes. Un sondage 2009 de Fairfax Media, réalisé auprès de 20 000 personnes, a montré que 96% d'entre elles sont fortement opposées à ce système de filtrage obligatoire d'Internet. Presque 120 000 Australiens ont également signé une pétition lancée par le groupe GetUp contre la censure d'Internet. Le retrait de ce projet irait non seulement dans le sens de l'opinion publique australienne, mais il permettrait également d'éviter la mise en place dans un pays démocratique d'un système dommageable pour la liberté d'expression.

Je vous remercie de l'attention que vous voudrez bien accorder à notre demande et vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de ma très haute considération.

Jean-François Julliard Secrétaire Général



 

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