Lettre ouverte au Président du Syndicat national de l'édition Imprimer
Par Collectif   
Mercredi, 07 Octobre 2009

Monsieur le Président,

Nous tenons, collectivement, à vous alerter sur l'orientation que semble prendre l'édition 2010 du Salon du Livre de Paris.

Depuis des années, le tarif «Trampoline», réservé aux éditeurs réalisant moins de 300 000 euros de chiffre d'affaires, leur permettait de disposer d'un stand de 9 m2 tout équipé pour la somme de 2 000 euros HT. Somme qui peut sembler dérisoire, mais est importante lorsque l'on connaît l'état de la trésorerie des petites maisons d'édition.

Au milieu du mois d'août, Reed, le concessionnaire du salon, a fait parvenir aux éditeurs sa proposition commerciale pour 2010. Et là, stupeur (mais stupeur étouffée par la chaleur estivale) : le tarif « Trampoline » est désormais exclusivement réservé aux primo exposants. Pour pouvoir bénéficier d'un stand équivalent, un petit éditeur ayant déjà participé au Salon devra dorénavant débourser plus de 4 300 euros HT, si l'on intègre au tarif de base toutes les «options» obligatoires (assurance, inscription, compteur électrique, etc.).

Lundi 7 septembre 2009 : une réunion, initiée par Reed, s'est tenue au siège du syndicat dont vous êtes le président en présence d'une cinquantaine d'éditeurs et de l'équipe du Salon du Livre au grand complet. M. Morisset, le commissaire du Salon, nous a expliqué qu'il avait décidé «d'accompagner davantage la petite édition» et que la suppression du tarif «Trampoline» pour les éditeurs ayant déjà exposé visait à simplifier l'offre commerciale.

Pourquoi cette augmentation de 115 % ? Nulle réponse ne nous a été apportée. Pourtant, il apparaît évident qu'en doublant le tarif des «petits» stands (il est à noter que le tarif des autres n'a, lui, pas évolué), le Salon du Livre risque très vite de se délester des petits éditeurs incapables de suivre cette inflation.

Lundi 20 septembre, Reed a mis au point une nouvelle grille tarifaire destinée aux petits éditeurs, en proposant le stand de 9 m2 à 3 519 €, ce qui « limite » la hausse à 1 519 €.


Cette majoration, de 75 % tout de même, nous semble bien éloignée de la volonté annoncée par le commissaire du Salon d'«accompagner davantage la petite édition».

Inutile de rappeler que le Salon du Livre est pour tous les éditeurs - petits et gros - le moyen de nouer de nouveaux contacts avec lecteurs, libraires, bibliothécaires, journalistes...

Nous souhaiterions connaître votre position sur cette augmentation et savoir qui en est l'initiateur. Est-ce le SNE, propriétaire du Salon, ou bien votre prestataire Reed ?

Depuis quelque temps se murmure que certains aimeraient voir le Salon retrouver le cadre prestigieux du Grand Palais. Hélas, le mètre carré y est plus rare qu'à la Porte de Versailles et tout le monde ne pourra être de la fête, comme vous le confirmiez dans un entretien à Livres Hebdo en février 2009 en affirmant : «Si on retire les stands marginaux, on peut peut-être y tenir.»

Devons-nous en déduire que nous sommes ces «marginaux» qu'il faut commencer à éloigner ?

Dans l'attente de vos éclaircissements sur une situation que nous jugeons alarmante pour la politique du livre en France, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre considération la plus distinguée.

Valérie Millet, Éditions du Sonneur
Laurent Seminel, Menu Fretin
Francis Combes, Le Temps des Cerises
Edmond Janssen, éditions Delga
Gérard Cherbonnier, éditions Le Petit pavé
Jean Ferreux, Téraèdre publishing
Dominique Gibert, Diateino
Dominique Tassel, éditions Albertine
Alain Gorius, éditions Al Manar
Guillaume Zorgbibe, éditions du Sandre
Isabelle Drouin Soubrillard, éditions Infrarouge
Yves Soubrillard, éditions Infrarouge
Martine Levy, La cause des livres
Raphaël Thomas, éditions La ville brûle
Danica Urbani, Dadoclem
Jean-Luc hadji-Minaglou, éditions Lis et Parle
Philippe Raimbault, Les mots migrateurs
Jean-Christophe Pichon, éditions Edite
Charles Merigot, éditions de la Ramonda
Benjamin Lambert, Librécrit