Lettre ouverte à Frédéric Mitterrand PDF Imprimer Envoyer
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Jeudi, 26 Novembre 2009

Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, le Musée national d'art moderne, département fondateur du Centre Pompidou, est une institution muséale mondialement connue et sans équivalent en Europe par l'abondance et la diversité de ses collections d'art moderne et contemporain (peinture, sculpture, art graphique, photographie, architecture, design, film, nouveaux médias, livre).

En outre, depuis maintenant 33 ans, les expositions temporaires que le Musée organise font référence aussi bien pour le public spécialisé que pour le grand public (à titre d'exemple, rappelons que la dernière exposition de Kandinsky au Centre a accueilli 700 000 visiteurs en 2009).

Par ailleurs, le Musée national d'art moderne prête chaque année en moyenne près de 3 000 œuvres dans le monde entier et ses partenaires sont les plus importantes institutions muséales mondiales, mais également les musées en régions en France, où les dépôts permanents de ses collections sont effectués. Ainsi, en mai prochain, s'ouvrira le Centre Pompidou-Metz avec un prêt massif de plus de 500 œuvres de la Collection.

Mais aujourd'hui, comme de nombreux établissements culturels français dans le cadre de la réforme de l'Etat, le Centre Pompidou, cet outil de la scène culturelle française unique en son genre pour son interdisciplinarité, est menacé. En effet, l'application de la RGPP au Centre Pompidou aurait assurément des conséquences catastrophiques sur son fonctionnement car 44% de son personnel partira à la retraite dans les 10 prochaines années. Plus de deux cents emplois disparaîtraient par l'application des règles de la RGPP, ce qui explique le mouvement de grève actuel.

Vous le savez aussi, Monsieur le Ministre, la subvention de fonctionnement du centre Pompidou (compte tenu des maigres augmentations associées aux gels et mises en réserve) n'a pas permis de faire face à l'augmentation générale des coûts. Or, dans le même temps, les frais fixes mais aussi les frais relatifs aux expositions (valeurs d'assurances des œuvres, transports…) ont explosé, réduisant considérablement nos capacités d'action.

D'autre part, le budget d'acquisition des œuvres s'est effondré depuis 2006, reculant de près de 30% au moment où les prix de l’art moderne et contemporain flambaient.

Désormais le simple fonctionnement du Musée national d'art moderne au Centre Pompidou, même recentré sur ses missions essentielles, est en jeu. Si les emplois ne sont pas sauvegardés et si la subvention n'est pas réévaluée, le Musée national d'art moderne devra réduire le nombre et l'importance de ses expositions, restreindre ses prêts, ralentir considérablement sa participation à la vie culturelle nationale et internationale dont il est pour l'art moderne et contemporain l'un des acteurs essentiels.

Cela, nous en sommes convaincus, vous ne le voulez pas.

 

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