Lettre ouverte au Premier Ministre - Page 2 PDF Imprimer Envoyer
Par Pierre Carassus    Facebook MySpace Twitter Google Yahoo! Buzz Yahoo! Bookmarks Delicious Digg BlogMarks Wikio Yoolink Gmiix Netvibes LinkedIn Scoopeo Jamespot TapeMoi Mr. Wong Technorati Windows Live Bluegger Viadeo
Vendredi, 20 Novembre 2009
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Certes, la Poste doit être modernisée, mais cette nécessité n'implique nullement l'ouverture du capital de l'entreprise. Quant à l'apport de 2,7 milliards d'euros de capitaux publics, il permettrait au gouvernement, écrivez-vous, d' « investir massivement dans la Poste ». Voilà une affirmation osée, au regard des milliards avancés aux banques, des exonérations fiscales accordées aux entreprises et aux ménages les plus aisés. Dernier exemple en date : la commission des finances de l'Assemblée Nationale a chiffré à 20,5 milliards d'euros le manque à gagner par l'Etat dû à l'allégement de la fiscalité des plus-values depuis 2007. Et les 2,7 milliards accordés à la Poste constitueraient « un investissement massif » !

Pourtant, les missions accomplies par le service public postal sont indispensables. Elles contribuent à l'aménagement du territoire, renforcent le lien social. Or les pouvoirs publics ont laissé se dégrader la qualité de ce service public. Depuis 2002, plus de 6 000 bureaux de poste sur 17 000 ont été mis en activité réduite, ce qui a permis au gouvernement de supprimer 50 000 emplois dans l'entreprise. La population et les salariés sont les premières victimes de ce désengagement de l'Etat, qui se traduit par l'espacement des tournées, des délais croissants de livraison des courriers, des réductions d'horaires, l'allongement des files d'attente…

Votre gouvernement vient de lancer un débat sur « l'identité nationale ». S'il s'agit de faire apparaître le je-ne-sais-quoi qui distinguerait les Français du reste de l'espèce humaine, ce débat est au mieux inutile, au pire pernicieux. Notre seule identité, forgée par l'Histoire, c'est la République, et sa vocation est d'être universelle. Les services publics en constituent le socle : ils garantissent un accès égalitaire à chacun, permettent la satisfaction des besoins fondamentaux de tous les êtres humains. C'est le programme du Conseil National de la Résistance, présidé par le général De Gaulle, qui en a le mieux défini la nature et étendu la portée. Depuis 1946, ces principes sont inscrits dans le préambule de la Constitution. Force est de constater que le chef de l'Etat et votre gouvernement leur tournent le dos.

Mais puisque vous insistez sur l'urgence de ce débat, pourquoi ne pas appeler les électeurs à se prononcer, par référendum, sur l'avenir de la Poste, et plus généralement, sur celui de nos services publics ? Il ferait bon savoir qui, du néo-libéralisme ou de la République, a la faveur des Français : ainsi définiraient-ils leur identité.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier Ministre, l'expression de ma considération distinguée.



 

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